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Partenariat local au profit des détenus : YMCA, Corps de la paix et GAD/ADIFF appuient des activités génératrices de revenus à la prison civile de Sokodé

 La quasi-totalité des prisons togolaises manquent cruellement d’espace et d’infrastructures adéquates pour aider à préparer la réinsertion des détenus. Cela ne favorise pas la mise en place d’activités permettant aux détenus d’apprendre de nouveaux métiers ou d’exercer leurs activités dans une certaine mesure. Ils sont donc désœuvrés et vivent dans la précarité surtout si des parents n’apportent pas le soutien nécessaire.

 

La prison civile de Sokodé ne fait pas exception au tableau ainsi décrit plus haut. Cependant la situation n’y est pas vécue comme une fatalité. C’est ainsi que certains détenus, bien soucieux de leur mieux-être, ont mis sur pieds de manière spontanée des activités d’artisanat. Très motivés mais malheureusement limités dans leurs moyens, ils n’arrivent pas à s’acheter le matériel et les fournitures nécessaires à leur travail. Ils n’arrivent donc pas non plus à offrir aux codétenus qui le désirent cette occasion d’apprendre quelque chose ou tout simplement à s’occuper. Comme on pouvait l’imaginer, le simple fait de ne rien faire, de ne pas se sentir utile pendant des jours est un poids énorme pour l’être humain, et l’est davantage, à plus forte raison, pour la personne privée de liberté.

Cette situation n’a pas laissé indifférents des acteurs locaux qui ont mis en synergie leurs efforts. En effet  le bureau de la région centrale de UCJG/YMCA –TOGO, en collaboration avec Nana Touré, une volontaire du Corps de la Paix, a initié un projet dénommé « promotion des AGR pour le soutien des détenus de la prison civile de Sokodé ». Financé par GAD/ADIFF, le projet qui passe par la création d’un club des artisans et la formation en  MAP pour la promotion du genre, vise l’autonomie financière des détenus, en facilitant l’apprentissage d’un métier, plus précisément pour les femmes.

Le club des artisans travaille avec l’appui du projet principalement dans quatre (4) domaines d’activités qui sont : la bijouterie, les éventails, vannerie raphia pour les hommes et le tricotage pour les femmes. Vingt-cinq  (25) détenus dont dix (10) femmes sont bénéficiaires de ce projet. Ils ont reçu un appui en matériel pour fabriquer en quantité les articles qui sont revendus par la suite. Au cours de la fabrication de ces objets, d’autres détenus s’inscrivent et apprennent le métier de leur choix. Le projet a débuté au sein de la prison le 1er mars 2014 et a pris fin le 25 mai 2014. Il a également permis aux détenus d’avoir une formation en MAP une approche  pour la promotion du genre, en développement personnel, en esprit de travail communautaire et en gestion d’activité génératrice de revenu appliquée à leurs domaine.

Pour illustrer le résultat de cette initiative, voici deux témoignages :

Je m’appelle Wah : « quand le projet a  commencé j’ai constaté un grand changement dans la vie de mes codétenus. Nous avons 10 personnes qui apprennent aujourd’hui la bijouterie, 6 apprentis pour les éventails, 5 pour les paniers du côté des hommes. Au niveau des femmes, elles n’avaient aucune activité pour s’occuper, aujourd’hui 10 femmes savent faire le tricotage (tapis, sacs, chemises pour les enfants en fil de coton). Quand les articles fabriqués sont vendus 80 % des recettes reviennent au bénéficiaire direct et 20% sont versés dans la caisse du club. Actuellement il nous reste en caisse 12.250F. Cette somme permet aux membres du club des artisans de bénéficier d’un prêt et de rembourser après la vente des articles ».

« Je suis Koffi …  Depuis que je suis ici je n’ai jamais eu d’aide de la part de mes parents ; ma maman est malade. J’ai appris le métier de fabrication d’éventail chez un détenu qui est déjà libéré. Je ne pouvais pas exercer à cause de manque de matériel (fil, balaie etc). Quand le projet a commencé j’ai bénéficié d’un appui et j’ai repris le travail : la fabrication des éventails à fil avec les dessins là-dessus. J’ai eu 35.000F après avoir donné les 20 % pour la caisse du club. Cette somme m’a permis de faire certificat médical, d’aller à l’hôpital et de faire la radiologie de mes reins car j’en souffrais et d’acheter les médicaments qu’on m’avait prescrits. Actuellement je vais mieux. J’ai 06 apprentis qui connaissent déjà le travail. Je remercie UCJG et Peace corps ».

Devant un tel impact, le YMCA est motivé à récidiver dans le soutien au club des artisans de la prison de Sokodé et compte sur les bonnes volontés pour étendre un tel appui à d’autres prisons du Togo.

Franck Gafan

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